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En cet instant de recueillement, nos pensées se tournent vers les hommes et les femmes, parfois très jeunes, qui ont payé de leur liberté et de leur vie leur engagement pour la survie de notre pays, et qui ont, selon l’expression d’André MALRAUX, « délivré la France de son propre abandon ».

Car, ainsi que le soulignait le Général de GAULLE, le 15 mai 1945, devant l’Assemblée consultative provisoire : « La France a engagé dans cette guerre son existence en tant que Nation et jusqu’au destin physique et moral de chacun de ses enfants ».

Cette cérémonie qui nous réunit est un hommage rendu aux martyrs de la Résistance pour ce qu’ils incarnent, pour l’histoire qu’ils ont écrite dans les moments les plus difficiles qu’ait connus notre patrie.

Je veux souligner combien les hommes et les femmes de ma génération leur sont redevables de l’honneur retrouvé de notre pays, du rétablissement des valeurs de la République et de cette devise qui comporte trois mots déterminants, message universel de la France : liberté, égalité, fraternité ; ces mots représentent les aspirations les plus profondes de chaque homme et de chaque femme.

C’est pourquoi nous devons continuer à faire vivre la mémoire de la Résistance.

Il nous incombe de rappeler l’abomination, l’idéologie et la barbarie nazies, la volonté d’éliminer l’autre, de l’anéantir. Le régime hitlérien a voulu imposer un modèle de société totalitaire, qu’il fallait récuser.

C’est ce qu’ont fait les Résistants.

Ils représentaient la lumière : celle de l’affirmation de la dignité de l’Homme et des valeurs supérieures et universelles de l’humanité qu’ils ont portées, notamment dans les camps de concentration, où, peut-être, un quignon de pain partagé sauvait une vie, donnait une espérance, rétablissait la dimension humaine dans cet univers absurde, terrifiant, abject.

La mémoire de ce temps, nous devons impérativement la transmettre aux jeunes pour que vivent l’esprit et les valeurs de la Résistance. Ces jeunes, qui vont avoir la charge de construire la France et l’Europe du 21° siècle. Il serait tragique qu’ils n’aient pas une claire idée de l’histoire de la France, qu’ils oublient ce qu’a été le 20 ème siècle et les épreuves rencontrées par notre pays et l’Europe.

Rien n’est possible dans une société si elle n’est pas fondée sur des valeurs. Et les valeurs défendues par les Résistants, les valeurs que nous souhaitons léguer à ces jeunes, ce sont celles de la République.

La cohésion sociale, les projets collectifs ne peuvent exister si la société ne s’édifie pas sur le respect de ces valeurs. C’est une obligation qui repose sur nos épaules, dans nos responsabilités quotidiennes.

Les jeunes, dépositaires de notre histoire, acteurs de demain, ne doivent jamais oublier ces éléments fondamentaux pour leur vie future. Il faut donc les leur transmettre.

La formation, l’information, la réflexion, les actions de toutes sortes doivent converger vers ce travail au service de la mémoire.

Je salue, à cet égard, l’action de ceux qui agissent pour perpétuer la Mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour notre Liberté, ici tout particulièrement le Souvenir Français et son Président les associations d’Anciens Combattants mais aussi d’autres associations, plus locales, comme la Société Historique de Livarot

Face au développement de certaines idées visant à minimiser, voire à nier les crimes inqualifiables commis par les nazis et leurs complices, devant les dégradations de monuments et les profanations de cimetières, il est de notre devoir à tous de demeurer vigilants.

En effet, le racisme, l’antisémitisme, peuvent toujours ressurgir sous des formes que l’on n’avait pas forcément imaginées, mais qui doivent être combattues avec la même énergie et prévenues avec la même vigilance.

Le combat que nous avons à mener doit l’être en permanence, puisque rien n’est jamais acquis.

Perpétuer la mémoire de la Résistance, comme nous le faisons aujourd’hui, c’est, n’en doutons pas, continuer à écrire l’histoire de notre Nation profondément attachée à ses valeurs, c’est œuvrer pour la dimension supérieure de l’Humanité.

Je souhaite également remercier tout particulièrement, SIMEON qui a, non seulement assisté, mais participé à cette cérémonie. J’espère que d’autres jeunes se joindront à lui pour assurer la transmission aux générations qui viennent.

Je vous remercie de votre attention.