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Un an de Macron : “que le plus fort gagne !”  ou la banalisation du modèle Francais

Lors de la séquence électorale de 2017, Emmanuel MACRON a été perçu comme une alternative, incarnant la jeunesse et l’espoir. Il a offert aux électeurs lassés de la droite et de la gauche, et qui ne voulaient pas du FN, une hypothèse crédible.

Aujourd’hui, les électeurs qui, le 7 mai 2017, ont voté pour Emmanuel MACRON contre le FN se sentent trahis. Ils n’ont pas voté pour son projet. Ils venaient de tous les horizons politiques. Et ils ne se retrouvent pas dans l’action que mène le  Gouvernement.

La question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle des réformes. C’est celle des choix effectués qui renvoient :

- à l’exercice du pouvoir : le pouvoir d’un homme dans une démocratie affaiblie,

- aux relations avec les Français, une partie d’entre eux etant laissée au bord du chemin,

- aux critères de decision limités à l’efficacité et au moindre coût.

Rejettant la présidence normale, on loue le pouvoir d’un seul, sans contre-poids, ni celui du Premier minister, ni celui du Parlement. Cet inquiétant affaiblissement de la démocratie est consacré par le projet de réforme constitutionnelle, anti-démocratique par nature, qui réduit encore le Parlement et concentre encore plus le pouvoir entre les mains d’un seul homme. Les corps intermédiaires ne sont pas plus respectés. La démocratie sociale est renvoyée aux oubliettes, une simple information des partenaires sociaux a remplacé le dialogue.

Une partie de nos concitoyens est laissée au bord du chemin. Le Président n’a ni les mots ni les actes pour s’adresser aux plus fragiles. Le Gouvernement agit pour ceux qui réussissent, les plus riches, les très riches (ISF, exitax, flat tax) et abandonne les autres, désormais exclus du champ de l’action pubique.

Les critères de décision ne font pas référence à des valeurs politiques, à la volonté de “faire société”, comme par exemple la lutte contre les inégalités, mais à des indicateurs purement technocratiques : celui du coût et celui de l’efficacité. Ces choix pénalisent, les territoires en difficulté, les services publics, supprimés, les soi-disant petites lignes, fermées, en référence à leur coût sans qu’il soit tenu compte du service rendu et du bénéfice collectif, économique et social.

C’est un Gouvernement libéral qui acte que le principe majeur est celui de la concurrence et de la compétition. Pas seulement entre les entreprises mais aussi entre les terrrotires et entre les individus. Que le meilleur gagne, voilà le principe et tant pis pour celui qui perd ou qui tombe : on le laisse au bord du chemin.

Il n’y a pas d’humanité, pas de solidarité. Aucune référence aux valeurs qui font le vivre ensemble.

Avec cette logique infernale, ce sont nos valeurs républicaines qui sont touchées, ce sont les principes du Conseil de la Résistance qui sont remis en cause. Bref, c’est la perte de notre identité politique, la banalisation de notre modèle politique et social que l’on veut aligner sur la norme ultra-libérale devenue celle du monde d’aujourd’hui.

Clotilde VALTER