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Tous vigies de notre République !

Imperceptiblement mais sûrement des bornes ont été franchies ces derniers mois.

Mise en cause frontale et déterminée des institutions. Violations des principes fondamentaux de notre République S’il fallait encore argumenter les chiffres de l’accroissement sans précédent du nombre des actes antisémites, -augmentation de 74% au cours de l’année 2018- suffit à lui seul à donner l’alarme.

Chers Amis,

Notre Pays connait depuis quelques mois une crise grave qui s’accompagne d’une remise en cause des institutions de notre République.

Le Président a ouvert un Grand débat national sur l’ensemble du territoire pour permettre à chacun de s’exprimer, d’échanger et de proposer.

Cet exercice est capital car il faut renouer le dialogue au sein de notre société et nous retrouver autour de ce qui nous rassemble.

Parce l’avenir de notre pays et de notre démocratie en dépendent, organiser un débat est pour moi un devoir républicain.

C’est pourquoi, je vous invite à participer au DEBAT qui se tiendra le samedi 9 FEVRIER à partir de 13h30 Salle MOZART à LISIEUX.

Parce qu’il s’agit de retisser les liens qui nous lient et d’acter ensemble ce que nous voulons pour notre pays, ce débat doit être conduit avec la plus grande neutralité possible.

Je ne le ferai donc pas moi-même. Un professeur de l’Université de CAEN NORMANDIE et un jeune journaliste, qui vivent l’un et l’autre sur notre territoire où ils ont grandi, en assureront l’animation.

La parole sera libre. Toutes les questions seront ouvertes. Seuls les propos interdits par les Lois de la République seront bannis.

Venez nombreux,

Clotilde VALTER

Un an de Macron : “que le plus fort gagne !”  ou la banalisation du modèle Francais

Lors de la séquence électorale de 2017, Emmanuel MACRON a été perçu comme une alternative, incarnant la jeunesse et l’espoir. Il a offert aux électeurs lassés de la droite et de la gauche, et qui ne voulaient pas du FN, une hypothèse crédible.

Aujourd’hui, les électeurs qui, le 7 mai 2017, ont voté pour Emmanuel MACRON contre le FN se sentent trahis. Ils n’ont pas voté pour son projet. Ils venaient de tous les horizons politiques. Et ils ne se retrouvent pas dans l’action que mène le  Gouvernement.

La question qui se pose aujourd’hui n’est pas celle des réformes. C’est celle des choix effectués qui renvoient :

- à l’exercice du pouvoir : le pouvoir d’un homme dans une démocratie affaiblie,

- aux relations avec les Français, une partie d’entre eux etant laissée au bord du chemin,

- aux critères de decision limités à l’efficacité et au moindre coût.

Rejettant la présidence normale, on loue le pouvoir d’un seul, sans contre-poids, ni celui du Premier minister, ni celui du Parlement. Cet inquiétant affaiblissement de la démocratie est consacré par le projet de réforme constitutionnelle, anti-démocratique par nature, qui réduit encore le Parlement et concentre encore plus le pouvoir entre les mains d’un seul homme. Les corps intermédiaires ne sont pas plus respectés. La démocratie sociale est renvoyée aux oubliettes, une simple information des partenaires sociaux a remplacé le dialogue.

Une partie de nos concitoyens est laissée au bord du chemin. Le Président n’a ni les mots ni les actes pour s’adresser aux plus fragiles. Le Gouvernement agit pour ceux qui réussissent, les plus riches, les très riches (ISF, exitax, flat tax) et abandonne les autres, désormais exclus du champ de l’action pubique.

Les critères de décision ne font pas référence à des valeurs politiques, à la volonté de “faire société”, comme par exemple la lutte contre les inégalités, mais à des indicateurs purement technocratiques : celui du coût et celui de l’efficacité. Ces choix pénalisent, les territoires en difficulté, les services publics, supprimés, les soi-disant petites lignes, fermées, en référence à leur coût sans qu’il soit tenu compte du service rendu et du bénéfice collectif, économique et social.

C’est un Gouvernement libéral qui acte que le principe majeur est celui de la concurrence et de la compétition. Pas seulement entre les entreprises mais aussi entre les terrrotires et entre les individus. Que le meilleur gagne, voilà le principe et tant pis pour celui qui perd ou qui tombe : on le laisse au bord du chemin.

Il n’y a pas d’humanité, pas de solidarité. Aucune référence aux valeurs qui font le vivre ensemble.

Avec cette logique infernale, ce sont nos valeurs républicaines qui sont touchées, ce sont les principes du Conseil de la Résistance qui sont remis en cause. Bref, c’est la perte de notre identité politique, la banalisation de notre modèle politique et social que l’on veut aligner sur la norme ultra-libérale devenue celle du monde d’aujourd’hui.

Clotilde VALTER

Entretien publie dans Ouest-France le 28 avril 2018

Clotilde Valter,

ex-secrétaire d’État à l’Apprentissage et ex-députée PS du Calvados. Elle a réintégré l’inspection générale de l’administration au ministère de l’Intérieur.

Comment analysez-vous l’échec, avec le recul ?

Depuis un certain temps, l’élection présidentielle est devenue non pas « un vote pour », mais un « vote contre ». Et la montée des extrêmes n’a fait que renforcer cette évolution. Le deuxième élément, c’est que l’on a eu une gauche qui s’est divisée dans l’exercice du pouvoir, les premiers à critiquer étant au sein même de la gauche.

Quelles ont été les erreurs de la gauche ?

Le Parti socialiste a payé ses divisions, ses désordres et les jeux personnels d’un certain nombre de ses leaders. Le troisième élément de l’échec, c’est que l’action qui a été conduite pendant les cinq ans a sans doute été mal expliquée, mal comprise, dans la mesure où on a vite oublié l’état catastrophique dans lequel le président Hollande avait trouvé le pays.

En quoi les promesses du macronisme vous semblent non tenues ?

En 2017, on était dans le rejet de la droite, de la gauche et aussi du Front national et Emmanuel Macron est apparu comme une alternative incarnant la jeunesse, un espoir, une vision positive de l’avenir. Aujourd’hui, la difficulté du président de la République c’est que son électorat du 7 mai qui a voté contre le Front national n’est pas homogène et qu’une partie de ses électeurs ne se retrouve pas dans son projet politique et se sent trahi d’une certaine façon.

Que reprochez-vous au président de la République ?

Dans l’exercice du pouvoir, il a une conception très verticale, avec un Président qui pèse et qui prend les décisions, et par ailleurs il y a un affaiblissement du Parlement dans son ensemble. Ce qui est grave du point de vue de la démocratie, c’est que la réforme des institutions va encore affaiblir le Parlement et va aggraver les choses en accentuant la concentration des pouvoirs aux mains d’un seul homme.

Aujourd’hui, une politique de gauche peut-elle se faire autrement ?

C’est clair que l’on a eu en 2017 une défaite qui, par son ampleur, met en cause l’existence même de ce que l’on représente sur le champ politique, c’est-à-dire un parti de gouvernement. Emmanuel Macron a tout bouleversé et l’on est dans une problématique nouvelle. C’est l’enjeu aujourd’hui de la recomposition à gauche.

Autour de quelles valeurs devez-vous vous fédérer ?

Il faut que la gauche retrouve une place dans le débat politique, une voix, une ligne politique à proposer. Il faut aussi que l’on retrouve la confiance des Français et que l’on soit crédible. Il faut que l’on arrive à se repositionner avec une identité qui soit celle d’un parti de gouvernement, social-démocrate, écologiste, européen et qui tienne sur cette position, sans se laisser entamer par les populismes d’une certaine gauche qui ne veut pas de compromis avec le réel.

Recueilli par Anne BLANCHARD-LAIZE.

Chers Amis,

Après quelques mois de silence, j'ai décidé de reprendre les échanges que nous avions noués au fil des années.

Les échéances électorales de 2017 ont bouleversé le paysage politique de notre pays.

J'ai repris mes activités professionnelles, comme il est sain et normal de le faire en de telles circonstances. 

Mais je le fais aussi avec bonheur car j'aime et j'ai toujours aimé mon métier et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé mes collègues et l'activité que j'ai choisie il y a quelques dizaines d'années.

Pour autant, je suis toujours, une militante fière de mes convictions et plus que jamais décidée à les défendre.

La gauche est en miettes. Il faut la reconstruire.

Et c'est à quoi j'ai décidé de m'atteler en m'engageant depuis plusieurs mois auprès de STEPHANE LE FOLL, ancien ministre de l'agriculture et porte-parole du Gouvernement de François HOLLANDE,

aujourd'hui député de la 4éme circonscription de la Sarthe, terre électorale de François FILLON.

Nous préparons ensemble le prochain Congrès du Parti socialiste et défendons dans cette perspective un texte qui propose une ligne politique claire : celle d'un parti de Gouvernement, social-démocrate, écologiste et européen.

Je reste aussi bien entendu attachée au territoire qui m'a élue et comme j'ai eu l'occasion de le dire, je continue de le défendre. 

Plus que jamais, c'est unis et rassemblés que nous lui permettrons de prendre toute sa place au sein de la grande Normandie que nous avons voulue et pour laquelle j'ai voté à l'Assemblée Nationale.

A bientôt

Clotilde VALTER