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En Normandie, élu.es pour le climat

En 2020, faire du climat la priorité de l’action de nos territoires

« Le temps presse. La science est formelle, il faut agir vite et fort. Le climat se dérègle, et nous assistons impuissants aux premières manifestations concrètes de ce dérèglement à d’autres bouts du monde ou tout près de chez nous… Dans le même moment, nous constatons un effondrement inédit de la diversité biologique, des dommages colossaux aux systèmes vivants. Les conditions même de la vie sur Terre – et les conditions ordinaires de notre vie commune, stable et pacifiée, sont abîmées.

 Elu.es et militant.es de nos territoires, acteurs de la vie et du développement local, nous sommes comme tout le monde, ébranlés par ces informations vertigineuses mais nous ne voulons surtout pas nous résoudre à ne rien faire, à laisser à d’autres, plus loin ou plus tard, l’obligation d’engager les changements qui doivent l’être.

 Nous savons que certains dérèglements sont déjà engagés, irréversiblement. Si la planète se réchauffe de 2 à 3 degrés, ce qui semble hélas une hypothèse réaliste, cela signifiera en Normandie des évènements climatiques extrêmes plus nombreux, des épisodes de canicule plus fréquents et plus longs, un recul accéléré du trait de côte… Des phénomènes dramatiques qui auront une consistance concrète dans la vie de nos concitoyens. Faute d’avoir su les anticiper, il faudra nous adapter à ces phénomènes et modifier en conséquence notre organisation sociale.

 Le Giec a établi, fin 2018, qu’il fallait viser la limitation du réchauffement à + 1,5 degré pour conjurer le risque de l’emballement et la perte totale de contrôle. Il a en même temps précisé que cet objectif restait atteignable, sous la condition de prendre sans délai les décisions, d’engager les actions susceptibles de changer la donne, avant la fin de la prochaine décennie.

 Le renouvellement des équipes municipales et des gouvernances intercommunales dans quelques mois, revêtira dans ce contexte une particulière importance, car c’est aussi à l’échelon local que nous pouvons changer les choses, avec la participation éclairée des citoyens.

 Préparer nos territoires à la réalité des dérèglements climatiques et des changements écologiques ; modifier nos habitudes de vie, de déplacements, de production et de consommation, l’architecture de nos villes ; relocaliser nos bassins d’emploi et de services ; protéger les plus pauvres et les plus vulnérables, tout cela exigera beaucoup de temps et d’efforts et comptera une bonne part de remises en question, de doutes, d’essais, d’échecs et de nouveaux essais. Mais tout ceci devra être entrepris lors de la prochaine mandature.

Plusieurs d’entre nous seront candidat.es, l’an prochain, aux élections municipales. d’autres participeront en soutien à la campagne électorale simplement pour faire avancer le débat et faire des propositions.

 Nous prenons ici l’engagement solennel de considérer, si nous sommes élu.es, le climat et plus largement les limites écologiques comme le déterminant premier de notre action publique, impliquant une révision profonde de notre manière de penser le « développement économique ». Car si nous ne changeons pas nos manières de voir, nous continuerons de produire plus de problèmes que de solutions. Persister à penser que l’emploi et la prospérité viendront de plus de routes, plus d’aéroports, plus de consommations d’énergie, plus de chimie en agriculture, c’est se tromper d’époque. En continuant comme ça, nous n’aurons ni les emplois ni la prospérité, et en plus nous aurons aggravé les risques qui nous menacent. Il est temps de dire stop et de changer vraiment.

 Dans la perspective des choix de gouvernance intercommunale, et même si nous savons évidemment que tout ne sera pas possible à la seule échelle de nos territoires, nous nous engageons également à favoriser des orientations visant à la transition écologique de nos territoires et l’élection, dans les conseils communautaires, de candidat.es réellement porteurs.ses de ces orientations.

 Nous voulons des élu.es pour le climat, nous serons des élu.es pour le climat !

 Les années qui viennent bousculeront sans doute beaucoup de nos certitudes. Si nous ne mesurons pas encore toute l’étendue des transformations à mettre en œuvre, nous savons néanmoins qu’elles seront immenses. Nous ne savons pas tout, mais déjà nous savons que certaines choses que nous tenons aujourd’hui pour impératives ou évidentes ne le seront peut-être plus d’ici cinq ans, dix ans, parfois moins. Certaines de nos certitudes d’hier déjà sont tombées et ce n’est pas un drame. Si nous voulons réussir la transition écologique, nous savons aussi qu’il n’est pas souhaitable de s’accrocher à ce qui était possible hier, mais ne le sera plus dans un monde qui sera différent.

 L’enjeu climatique et écologique est le plus grand impératif devant nous. Les autres combats, notamment celui essentiel de la construction d’une société plus humaine et plus solidaire, n’ont aucun sens si celui-là est perdu.

 Notre engagement est résolu, déterminé et libre : au-delà de nos désaccords ponctuels, de nos préférences partisanes diverses, nous nous accordons sur l’essentiel : nous ferons en sorte, dans notre tâche et nos missions d’élu.es au service des territoires, d’être les artisans humbles, modestes mais solides de la transition écologique, en plaçant l’enjeu à la bonne hauteur : la première priorité, constitutive de toutes les autres. »

Le vote du 26 mai ’est un vote qui nous interroge tous. D'abord parce qu’il a plus porté sur la politique nationale que sur l’Europe et traduit le profond malaise que vivent nos concitoyens a l’égard de la vie publique et du fonctionnement de notre démocratie. Ils ont le sentiment de n’être ni écoutes ni entendus par les responsables politiques qui ne tiennent pas compte de leurs préoccupations. Et c’est pourquoi ils posent la question de la représentation et du fonctionnement de notre émocratie.

Ensuite, il y a  une excellente nouvelle avec la prise en compte de l’écologie et de l’urgence climatique qui s’imposent aujourd’hui sous la pression de nos concitoyens. Mais la plus grande vigilance est nécessaire :

  • parce qu’il y a urgence pour la planète et qu’il ne peut être question d’un effet de mode. Il faut incontestablement changer de braquet. Il faut accepter de changer de mode de vie et de mode de développement. Et ce n’est pas rien.
  • Mais aussi parce qu’ il ne peut être question d’écologie sans justice sociale. Les transformations nécessaires quant à l’énergie, au logement, aux transports doivent permette des gains de pouvoir d’achat pour les plus modestes. De même les « biens communs » de l’humanité (eau, énergie, terres....) ne sauraient être réservés à l’usage de certains ou préemptes par des intérêts financiers mais doivent être gérés au bénéfice du plus grand nombre et dans l’intérêt des générations à venir.

Enfin la gauche doit s’interroger sur la pertinence de ce qu’elle a proposé à nos concitoyens à l’occasion de ces élections c’est à dire une multitude de listes dont une partie d’entre elles ne pourront malheureusement être représentées au Parlement Européen, ce qui est regrettable.

La question de la projection sur d’autres scrutins à venir me semple pour le moins hasardeuse s’agissant des élections locales . Ce n’est pas la même élection. De ne sont pas les mêmes enjeux. Ce n’est pas le même niveau de participation. Une élection municipale ne relève pas du débat politique national. Mais il s’agit de se prononcer sur un projet et une équipe qui dans une perspective d’intérêt général, répondent aux préoccupations du territoire et de ses habitants.

Clotilde VALTER 

Tous vigies de notre République !

Imperceptiblement mais sûrement des bornes ont été franchies ces derniers mois.

Mise en cause frontale et déterminée des institutions. Violations des principes fondamentaux de notre République S’il fallait encore argumenter les chiffres de l’accroissement sans précédent du nombre des actes antisémites, -augmentation de 74% au cours de l’année 2018- suffit à lui seul à donner l’alarme.

Chers Amis,

Notre Pays connait depuis quelques mois une crise grave qui s’accompagne d’une remise en cause des institutions de notre République.

Le Président a ouvert un Grand débat national sur l’ensemble du territoire pour permettre à chacun de s’exprimer, d’échanger et de proposer.

Cet exercice est capital car il faut renouer le dialogue au sein de notre société et nous retrouver autour de ce qui nous rassemble.

Parce l’avenir de notre pays et de notre démocratie en dépendent, organiser un débat est pour moi un devoir républicain.

C’est pourquoi, je vous invite à participer au DEBAT qui se tiendra le samedi 9 FEVRIER à partir de 13h30 Salle MOZART à LISIEUX.

Parce qu’il s’agit de retisser les liens qui nous lient et d’acter ensemble ce que nous voulons pour notre pays, ce débat doit être conduit avec la plus grande neutralité possible.

Je ne le ferai donc pas moi-même. Un professeur de l’Université de CAEN NORMANDIE et un jeune journaliste, qui vivent l’un et l’autre sur notre territoire où ils ont grandi, en assureront l’animation.

La parole sera libre. Toutes les questions seront ouvertes. Seuls les propos interdits par les Lois de la République seront bannis.

Venez nombreux,

Clotilde VALTER

Bernard Cazeneuve : « Le sentiment du mépris ne peut qu’engendrer la méprise »

Pour l’ancien premier ministre, « écouter le peuple » n’est pas s’affaiblir.

Propos recueillis par Enora Ollivier et Solenn de Royer Publié le 04 December 2018 à 10h44 - Mis à jour le 04 December 2018 à 10h44

A Paris, lundi 3 décembre. Ed Alcock/M.Y.O.P. pour « Le Monde » Ed Alcock / M.Y.O.P. pour Le Monde

L’ancien premier ministre, Bernard Cazeneuve, désormais avocat et en retrait de la politique, estime que le premier devoir des dirigeants est de garantir la concorde tout en créant les conditions du dialogue. Il appelle aussi les responsables de l’opposition, qui réclament une dissolution ou le départ du président de la République, à ne pas jouer la crise et la « stratégie du chaos ».

Vous avez été au cœur du dispositif pendant les attentats de 2015. Comment, dans ces moments où tout semble vaciller, préserver la stabilité de l’Etat ?

En 2015, nous avons été confrontés à des événements qui auraient pu porter atteinte à la cohésion du pays, et le fracturer gravement. Nous avons été guidés alors par la certitude que chaque mot utilisé devait servir à consolider l’unité nationale, à apaiser. Ceux qui sont aux responsabilités doivent garantir la concorde. Le pouvoir doit comprendre que le peuple n’est pas son adversaire.

Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de la crise ?

Pour réinstaurer la confiance et le dialogue, avec tous ceux qui peuvent contribuer à la sortie de crise – les « gilets jaunes », mais aussi les représentants des organisations syndicales et politiques, les associations et ONG –, il existe un préalable : suspendre immédiatement les taxes sur le carburant ! Il est urgent de parler clairement et avec respect à ceux qui sont contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre sur les lieux de leur travail, à ceux qui ont un sentiment de relégation territoriale par la désertification des services publics.

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Ce qui a déclenché la colère des « gilets jaunes », c’est l’injustice sociale et le sentiment d’absence de considération. Certaines phrases [d’Emmanuel Macron]n’étaient pas nécessaires. Elles ont blessé nos compatriotes qui se sont sentis incompris, ou, pire encore, coupables des difficultés qu’ils rencontraient. Et cette culpabilité les a atteints jusque dans leur dignité. C’est cela qu’il faut corriger, par des mesures rapides et concrètes.

François Hollande avait reculé devant les « bonnets rouges ». Emmanuel Macron doit donc reculer devant les gilets jaunes ?

La fermeté n’est pas la fermeture. Comprendre les aspirations profondes d’un peuple et y répondre sans démagogie et avec le seul souci de la vérité n’est pas s’affaiblir c’est simplement de la sagesse. En démocratie, il y a des aspirations, des revendications parfois contradictoires, des incompréhensions. Face à cela, le sentiment du mépris ne peut qu’engendrer la méprise, jusqu’à la colère.

Cette crise est-elle un retour de bâton de la démocratie directe initiée par Emmanuel Macron, qui a considéré que les corps intermédiaires étaient des freins à la réforme ?

Théoriser la verticalité comme une forme de modernité politique, réinventer le césarisme, le dialogue direct entre le président et le peuple dans le dédain des corps intermédiaires, des partis, en d’autres termes « du vieux monde », conduit inévitablement au court-circuit, puis le court-circuit à l’incendie. La modernité, ce n’est pas l’application brutale des recettes les plus classiques du libéralisme économique le plus vieillot dans l’ignorance des angoisses profondes du peuple. Un chef n’est pas moins un chef s’il cherche à comprendre le peuple et se montre capable de sceller de solides compromis avec lui.

Emmanuel Macron et sa manière verticale d’habiter le pouvoir ont-ils une responsabilité dans cette crise ?

Les livres d’histoire comptent de nombreux exemples de nouveaux mondes successifs. Quand on considère que l’on peut faire table rase de tout, que l’on a raison sur tout et que ceux qui n’adhèrent pas spontanément ne méritent aucune écoute, encore moins de la considération, on prend le risque de l’isolement. On commence en marche dans la foule et on se retrouve seul quand viennent les difficultés de l’exercice du pouvoir.

Le président est arrivé avec l’intention d’instaurer de la bienveillance, de réussir la modernisation du pays. Mais il a pensé atteindre seul son but puisque lui seul et les siens avaient raison. C’est cela qu’il doit profondément changer en trouvant en lui-même le ressort d’une autre méthode. Emmanuel Macron a commencé avec l’élan et la popularité de Kennedy, puis, on ne sait pourquoi, il s’est soudainement donné le rôle Napoléon, et il est à deux doigts de devoir jouer celui de M. Thiers. Or ce rôle n’est bon ni pour lui, ni pour la France.

Sommes-nous dans une crise de régime ?

Je veux éviter tous ces mots qui grisent ceux qui les prononcent et qui mettent le feu aux poudres. Certains responsables de l’opposition jouent la crise, appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale, au départ du président de la République, à des démissions de ministres. C’est irresponsable. Il faut arrêter de jouer avec les institutions de la VRépublique, qui nous ont donné la stabilité et la paix civile que notre pays n’a pas toujours connues. Je prône la responsabilité et le dialogue et laisse aux démagogues les leçons outrancières et la stratégie du chaos.

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Le ras-le-bol fiscal est né lors du quinquennat de François Hollande. Reconnaissez-vous une part de responsabilité dans cette crise ?

Nous avons décidé de faire converger la fiscalité sur le gazole et sur l’essence dans un contexte où les prix du pétrole étaient à la baisse, mais cette trajectoire a été accélérée par le gouvernement actuel au moment où les prix remontaient sensiblement. Au même moment, d’autres décisions concernant le pouvoir d’achat étaient prises, concernant les APL ou la CSG, donnant aux Français, notamment les plus modestes, le sentiment d’une chape de plomb. Mais le divorce entre les élites et le peuple n’est pas né il y a dix-huit mois, c’est un phénomène profond. Aujourd’hui, les Français rejettent le système représentatif car il ne les écoute plus depuis longtemps.

Comment jugez-vous la gestion de cette crise par l’exécutif ?

Quand on regarde le temps long de l’histoire de notre pays, on note qu’il s’est toujours réformé dans des convulsions. C’est ce que Michel Winock appelle « la fièvre hexagonale », c’est-à-dire l’incapacité à dégager par le dialogue des compromis puissants qui permettent de transformer la société sans violence et sans injustices. L’actuel pouvoir semble considérer que si on négocie, on s’affaiblit. Et que tenir avec autoritarisme, c’est triompher des résistances au changement.

Les guérillas urbaines auraient-elles pu être évitées ?

Lorsqu’il y a des violences, ce sont les casseurs qu’il faut incriminer clairement plutôt que ceux qui exposent leurs vies pour garantir la protection des biens et des personnes. Les policiers et les gendarmes ont fait leur travail avec beaucoup de courage dans un contexte de violences extrêmes. On ne peut pas demander aux forces de sécurité de faire seules rempart, comme s’il leur appartenait de porter la réponse.

Préconisez vous un retour de l’ISF ?

Entre l’ISF et la « flat tax «, 6 milliards d’euros ont été redistribués aux plus riches des Français. Le « en même temps » s’est traduit par l’augmentation pour tous les autres de la CSG, par la remise en cause des APL et des emplois aidés qui soutenaient l’action des collectivités locales et des associations. C’était illisible et injuste, et le ruissellement qui en a résulté a été celui de la colère. Nous avons besoin de rassembler les forces vives pour construire un pacte social, environnemental et territorial qui redonne à la République confiance et unité.

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Emmanuel Macron peut-il encore réformer ?

Un président élu est légitime, même s’il est impopulaire. Sinon il n’y a plus d’institutions. Qui a intérêt, parmi les républicains sincères plus préoccupés du pays que d’eux-mêmes, à ce que le président de la République ne soit plus en situation de conduire le pays ? Si Emmanuel Macron trouve les mots pour apaiser, alors tout redevient possible dans une démocratie faite de respect et de considération pour chacun.

Edouard Philippe peut-il être un fusible ?

Par nature, le premier ministre est un fusible. Mais Edouard Philippe peut aussi être un homme qui contribue à trouver les conditions d’un compromis. Quoi qu’il en soit, j’incite tous les tenants du dégagisme à la prudence, car le résultat du dégagisme, c’est qu’à la fin, tout le monde finit par dégager. Et à la fin, quand tout le monde a dégagé, il ne demeure que la violence et le chaos.

Vous n’avez pas parlé depuis un an. Est-ce annonciateur d’un retour en politique ?

Je n’ai nullement l’intention de parler tout le temps pour essayer d’apporter la démonstration que je suis indispensable. Je ne fais pas partie de ces responsables qui expliquent qu’ils ont tout réussi et que si ça n’a pas marché, c’est de la faute des autres. Nous avons tous une part de responsabilité, j’ai la mienne.

Je m’exprime pour dire ce que je crois utile à un moment particulièrement grave. L’issue de cette crise réside dans la sagesse de chacun et de tous. Il faut redouter comme un poison la tension, la confrontation et la recherche du pire, c’est-à-dire l’affaiblissement des institutions et le désordre. Les Français aspirent à la justice sociale mais ils aspirent aussi à l’ordre public, l’une comme l’autre doivent être rapidement restaurés par des décisions et des actes.

Enora Ollivier et Solenn de Royer